femme entrepreneuriatAlors que le monde des affaires est plus souvent associé aux hommes de pouvoirs, ce sont les femmes qui semblent être de plus en plus convaincantes lorsqu’il s’agit de persuader les investisseurs.

La femme entrepreneur, une nouvelle tendance !

Si cela n’est pas nouveau de rencontrer des femmes dans le paysage entrepreneurial, ce qui est plus récent est de les retrouver dans le cadre de l’entrepreneuriat digital. De la boutique de mode branchée à la pharmacie en ligne la plus complète en passant par un portefeuille de services sans contact, le féminin s’impose de plus en plus dans le paysage digital. Véritable phénomène émergeant, la vague d’entrepreneuriat n’a probablement pas fini de faire parler d’elle. Lorsque l’on sait qu’en 2015 près de 90 millions d’euros ont été levés par des entrepreneuses en France, chiffre en augmentation de 41% par rapport à 2014, on ne peut s’attendre qu’à une augmentation de projets soutenus et portés par des femmes. Nous n’avons pas de chiffre pour la Belgique.

La scéne fémine francaise est très active avec les Girls-in-Tech dont les start-up féminines qui ont le plus la cote aux yeux des investisseurs. Il en ressort que VestiaireCollective, plateforme numérique permettant l’achat et la mise en vente d’articles de mode, est parvenu à réaliser l’exploit de réussir une levée de fonds avec à la clé, 33 millions d’euros. La plateforme cofondée par Audrey Soussan, Fanny Moizant et Sébastien Fabre est suivie de Connecthing (spécialiste des services mobile sans contact), 1001 Pharmacies (e-commerce de médicaments) et Smallable (vente de prêt-à-porter pour enfants en ligne). Le Figaro nous rapporte également qu’en france, la somme récoltée en moyenne lors d’une levée de fonds atteint les 2,3 millions pour les projets portés par des femmes contre 3,6 millions d’euros pour ceux développés par la gente masculine.

La Belgique connait aussi l’essor de certains réseaux exclusivement féminin comme par exemple le BelgianGirlGeeks réservée au amateur de technologie,ou les mompreneuse réservée à des mamans entrepreneuses.

Comment expliquer l’évolution entrepreneuriale ?

En France, c’est en effet dans le domaine de l’e-commerce que l’on retrouve le plus de femmes par rapport au monde entrepreneurial. L’industrie représenterait à elle seule 63% des levées de fonds des start-up développées par la gente féminine. Si le domaine est intéressant et certes remplis d’opportunités ce ne sont pas celles-ci qui expliqueraient l’émergence des femmes. La raison semble se trouver dans la facilité d’accès que représente le milieu. Le secteur ne réclamant pas nécessairement des compétences dignes d’un ingénieur informatique, les femmes, peu représentées parmi les diplômées de la discipline, peuvent s’adapter et lancer leurs idées assez facilement. On remarque en effet que l’on compte autant d’ingénieurs que de diplômées d’école de commerce au sein des fondateurs de start-up en 2015. Malgré la possibilité évidente d’intégration, la proportion de start-up fondées ou cofondées par des femmes ayant la possibilité de bénéficier du capital-risque ou à l’aide des business angels reste toute de même faible étant donné qu’elle ne représenterait que 15% de la totalité des projets portés au sein de l’industrie du numérique. Si la progression est lente, lorsque l’on regarde en profondeur et qu’on analyse la situation on peut remarquer qu’il y a de quoi être optimiste si l’on est une femme à l’esprit entrepreneuriale. D’après le baromètre de Girls in Tech, le niveau du marché dans son ensemble s’est élevé de 135% ce qui représente une ascension vertigineuse. On peut déceler l’apparition d’un effet bulle qui fait gonfler les levées de fonds d’une façon généralisée mais on peut également souligner que les femmes en profitent plus que les autres étant donné que le niveau des fonds levés par les femmes entrepreneurs à lui augmenté de 135% d’après les spécialistes.

Un phénomène global ?

Est-il possible d’observer une évolution similaire sur les autres continents ? Des chiffres, un peu moins récents certes, semblent confirmer l’hypothèse. D’après les données disponibles, en 2014, au Etats-Unis, presque 20% des compagnies et start-up ayant levé des fonds avaient été créées par des femmes. Le résultat avait déjà bien fait parler de lui étant donné qu’il représentait une proportion qui avait doublée sur l’espace des cinq dernières années.

L’étude menée par Crunchbase, site répertoriant les entreprises du Web et des nouvelles technologies, nous apprends que là-bas aussi, le monde de l’entrepreneuriat se féminise. D’après la source d’information, le nombre de start-up ayant été créées par au moins une femme a quintuplé en l’espace de cinq ans. Afin de mesurer cette progression, Crunchbase a développé une méthode d’analyse de l’intégralité de son répertoire. Le processus permet de déterminer le genre du fondateur d’une société répertoriée sur base de son prénom. Sur ce principe, le spécialiste a pu constater qu’entre 2009 et 2014, ce sont près de 15% des start-up levant des fonds qui étaient fondées par des femmes. Le chiffre varie évidemment selon les régions. Les territoires les plus prometteurs en la matière étant Las Vegas (26%), Los Angeles (19%) et San Fransisco (16%).

Des entreprises qui lèvent moins de fonds

femme entrepreneuriat levée de fondsMalgré ces chiffres de bonne augure et cette évolution très positive, il semble toujours aussi difficile pour la gente féminine de mener une start-up jusqu’à la levée de fonds de catégorie « série C » (levée de fonds de plus de 10 millions d’euros). Seulement 11% des sociétés atteignant ce type de niveau en matière de financement, compteraient une fondatrice. Un autre fait notable en la matière repose sur un autre chiffre intéressant ; la majorité des sociétés « féminines » ont été fondées par deux personnes alors que les projets portés par des hommes sont la plupart du temps gérées par leur seul et unique fondateur. Cet élément rappelle qu’une différence entre le traitement et la confiance accordés aux sexes ne sont toujours pas égaux. Le sexisme étant d’autant plus marqué dans le secteur et l’industrie des nouvelles technologies ou du digital. Même les plus grandes entreprises comme Google ou encore Miscrosoft, publiant régulièrement des statistiques sur l’ethnie ou le genre de leur employés, reconnaissent avoir un problème d’homogénéité.

Il apparaîtrait que les investisseurs font moins confiance aux femmes en matière d’entrepreneuriat et d’idées novatrices. Cet élément serait une des causes majeures parmi celles freinant l’entreprenariat féminin. Sexisme et montant ressortant de levées de fonds seraient donc liés et ne permettrait qu’une évolution lente et progressive à la gente féminine aux Etats-Unis. Le milieu souffre de l’idée préconçue selon laquelle les femmes seraient moins bonne en matière de gestion et posséderaient des lacunes au niveau des compétences attendues d’un chef d’entreprise. Même si évidemment cette idée n’a plus de raison d’être l’heure d’aujourd’hui, on peut remarquer qu’elle est néanmoins encore beaucoup trop présente au sein de l’environnement entrepreneurial.

Du soutien pour les femmes entrepreneurs ?

Existe-il des entités ou des organismes qui s’insurgent contre de telles pratiques ? La réponse est oui. L’engouement pour l’entrepreneuriat féminin a poussé certaines entrepreneuses à créer ce qu’elles dénomment des cercles d’entrepreneuses ou des réseaux professionnels d’entrepreneuriat. Qu’est-ce qui se cache exactement derrière ces terminologies ? C’est une question qu’il est légitime et logique de se poser. En réalité, très similaire à la version classique, ce sont des réseaux professionnels au sein desquels des agents du monde professionnel communiquent et échangent sur diverses thématiques. A la différence des cercles plus classiques, seules les femmes porteuses de projets sont admises.

femme entrepreneuriatL’avantage principal lié à l’admission à ce genre de réseaux sont les rencontres que l’on va pouvoir faire pour créer sa propre base de données utiles. Mais à cela s’ajoutent d’autres services plus qu’appréciables lorsque l’on est une femme et que l’on veut lancer un projet. Au sein de ces groupes la future entrepreneuse va pouvoir trouver des mentors, des personnalités qui connaissent bien le monde entrepreneurial étant donné que pour la plupart, elles ont-elles-mêmes réussi à se placer confortablement au sein d’une industrie ou d’un secteur. Plus que des conseils, ce sont également de véritables astuces et bonnes pratiques qui vont se transmettre de façon informelle ou non. A bien y regarder, ces cercles vont agir d’une manière similaire et comparable à celle d’un incubateur étant donné que les membres du réseau vont également pouvoir se présenter comme potentielles investisseuses. Des femmes qui ont réussi pour accompagner des projets porteurs de sens et peut-être générateur de richesse développés eux aussi par des femmes. Si l’on peut considérer l’approche comme sexiste et un tant soit peu sectaire, elle n’en reste pas moins prometteuse. Comme le démontre Bruxelles Pionnières, cercle entrepreneurial féminin de Bruxelles, l’idée est attractive puisque 30 porteuses de projets ont déjà pu bénéficier de cette approche et mise en relation.

Les statistiques sont encourageantes et on ne peut qu’espérer la multiplication des actions poussant l’entreprenariat féminin. Si le monde du numérique se veut plus réfractaire, il est également de mise de reconnaître qu’il est porteur d’opportunités uniques et très attractives pour les femmes aujourd’hui. Peut-être même que la prochaine licorne naitra d’une femme ; en attendant, nous continuerons de soutenir et de porter une attention particulière à l’évolution de la femme dans le monde de l’entreprise.